entete theme mai 2012-Urbanité

Dimanche 10 octobre 2010 7 10 /10 /Oct /2010 08:00

entete notre mere

 

Sur son lit de mort, Roland Vialatte se remémore les événements. Il témoigne à cœur ouvert et soulage sa conscience. Janvier 1915. La Guerre fait rage depuis quelques mois. Non loin des premières lignes du front, Méricourd est un village de Champagne où « la tranchée meurtrière a remplacé le sillon nourricier ». La vie de ses habitants s’est réorganisée autour des estaminets, seuls lieux capables de procurer un minimum de soutien aux soldats. L’inquiétude s’installe lorsque le corps d’une serveuse est retrouvé, accompagné d’une lettre de la victime. La mise en scène ne laisse planer aucun doute sur la nature du meurtre. L’enquête est confiée au lieutenant Vialatte et son arrivée à Mérirourd coïncide avec la découverte d’un second corps. Malgré l’absence d’indices sérieux, Vialatte se met sur la piste du tueur en série.

Kris. Comment ne pas penser à ses témoignages engagés en l’évoquant ? Coupures irlandaises sur les conflits irlandais, Un homme est mort - qui lui a valut d’être l’un des rares à collaborer avec Étienne Davodeau – sur le syndicalisme ouvrier, mais aussi sa participation au collectif de En Chemin elle rencontre où des artistes se mobilisent pour dénoncer les violences faites aux femmes. Kris se penche cette fois sur la Première Guerre Mondiale. Pour la première fois aussi, il s’engage dans un travail plus titanesque. Il se plonge dans les récits, archives de journaux et témoignages de cette période. Annoncé comme un triptyque, Notre Mère la Guerre est pour lui l’occasion de fouiner dans les moindres recoins de l’intrigue, de s’accorder plus de temps pour la construction des personnages, d’exploiter pleinement cette période historique chargée d’affects, une descente dans l’horreur de la guerre et la folie des hommes... Et l’importance de ce travail de recherche se ressent tout au long de l’album. Les prémices de ce projet débutent il y a quatre ans, mais il lui faudra encore attendre deux ans et demi pour qu’il signe avec Futuropolis. C’est d’ailleurs l’éditeur qui le mettra en lien avec Maël. Ce dernier convaincra Kris avec les planches qu'il est en train de réaliser pour L'Encre du Passé.

Jusque-là peu repéré, Maël n’en est pourtant pas à son premier coup d’essai. Son trait surprend de réalisme : voici le constat unanimement repris par les six lecteurs de kbd. Il campe ici le graphisme « idéal », les expressions sont justes et les décors fouillés. Pour l’occasion, l’artiste a opté pour des dessins à l’aquarelle sur lesquels il a appliqué des teintes d’ocres, rouille, marrons qui matérialisent l’horreur des tranchées. Pour les scènes nocturnes, des teintes de marine, gris, noir créent une autre atmosphère, nous faisant ressentir la froideur de cet hiver meurtrier et le souffle des poilus salis par la glaise, la boue et le sang de leurs camarades. Badelel et moi ne serons pas indifférentes à ces ambiances palpables. Paul soulève quelques déceptions, notamment celle concernant le recours à des découpes de planches trop classiques, ce qui peut créer de la lassitude dans la lecture. La présentation de l'intrigue a des relents de « déjà vu », le recours au flash-back a déjà démontré son efficacité dans d’autres récits, mais passés ces quelques bémols, nous mettons tous en avant notre engouement pour ce thriller historique dont Oncle Paul vante les qualités. De même, Champi a apprécié le décalage entre les textes très forts de Kris, presque aériens par leurs envolées lyriques et littéraires, et le dessin atypique, recouvert de boue, qui se met au service l’intrigue. Le scénariste a su ménager le suspens à tel point que rien ne filtre sur les éléments qui pourraient faire avancer l’enquête, un élément que Lunch apprécie.

A n’en pas douter, cet album dénote et la place qu’il laisse à la réflexion sur cette période historique chargée d’affects ne laisse pas indifférent. L’art séquentiel au service du devoir de mémoire, comment ne pas penser également à Tardi (Putain de Guerre !, les Adèle Blanc-Sec ou les Adieu Brindavoine…) ou à L’Ombre du Corbeau de Comès ?
Si ce thème vous intéresse, nous vous proposons des liens vers nos chroniques : Les Sentinelles de Dorisson et Breccia, Le Roi Cassé de Dumontheuil, L’or et le Sang de Nury et Defrance au scénario / Merwan et Bedouel au dessin, Par les Chemins Noirs de David B, Batailles de Recchioni et Leomacs, La Tranchée

 

signature mo' juin 2010

Par k.bd - Communauté : Les lectures de Florinette
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 3 octobre 2010 7 03 /10 /Oct /2010 08:00

entete v pour vendetta2

 

1997, la troisième guerre mondiale a eu lieu, des continents ont disparu. Au Royaume-Uni, c’est Le Destin, un gouvernement totalitariste qui fait régner la terreur. Au milieu de cette société sans espoir, Evey est obligé de se prostituer pour survivre. Mais, alors qu’elle est prise au piège par la brigade de mœurs, un étrange personnage au masque de théâtre fait son apparition. Dans le sillage de cet être masqué répondant au nom énigmatique de V, la jeune femme va faire le douloureux apprentissage de la liberté... et de la vengeance.

Le comics des années 80 est marqué par l’avènement d’un type un peu étrange au pays des super-héros. Cet hirsute, sujet de la reine Elizabeth (d’Angleterre), aux tatouages aussi impressionnants que ses multiples bagues aux doigts révolutionne la BD américaine grand public en lui prouvant qu’elle peut dépasser les super-héros et autres joyeusetés en costume. Si le graphic novel était définitivement né avec Will Eisner, si la BD underground avait son pape avec Robert Crumb, c’est bien avec Alan Moore que la BD américaine allait passer à autre chose.

En 1982, Alan Moore et David Lloyd signent les premières planches de V pour Vendetta dans les magazines Doctor Who Weekly et Warrior. Il faudra attendre 1989 pour connaître la conclusion de cette histoire. Entre temps, nous aurons eu Watchmen. Une autre œuvre majeure, première BD à recevoir le prix Hugo (le Pulitzer de la SF…).

Pour ne rien vous cacher, il est très difficile de faire une synthèse de toutes nos chroniques à propos de cet album. Enfin… je pourrais simplifier le tout en disant : « A l’exception de Zorg, un tout petit plus dubitatif que le reste de l’équipe, nous sommes tous d’accord pour placer V Pour Vendetta au panthéon des scénarii BD. Nous sommes en revanche plus partagés sur le dessin. Champi ne voit pas comment on aurait pu imaginer un graphisme différent, Badelel admire l’utilisation de l’ombre et du noir… ».

Mais voilà, la simplification avec V pour Vendetta, ça donne le film du même nom. Ça dénature. Car ce qui frappe dans ce récit c’est sa profondeur, sa richesse et tous les questionnements qu’il nous apporte sur notre société mais aussi sur nous-même. Comme le dit si bien Mo’, « V Pour Vendetta est tout bonnement diabolique ». Récit d’apprentissage par l’histoire d’Evey, récit de vengeance par le passé de V, récit d’anticipation par le contexte, brûlot politique à l’égard de la société anglaise des années Thatcher, pièce de théâtre en 3 actes, opéra dramatique, réflexions sur les thèmes de la liberté, de l’anarchie, de la politique, de l’éthique, du souvenir, de la peur, de la transmission d’un idéal… V pour Vendetta c’est toutes ces formes, tous ces thèmes. Et c’est seulement en tentant de faire une synthèse de nos chroniques que j’ai pu m’en apercevoir. De la vision de Paul, en passant par celle de Mo', Lunch, Badelel, Zorg, Champi et la mienne, on constate que V pour Vendetta résonne différemment en fonction des lecteurs et je dirais même des lectures.

Que dire de plus sinon vous invitez à découvrir nos chroniques, toutes différentes, toutes uniques.

Et pour conclure : une citation. Chacun y prendra ce qu'il souhaitera :
« Lorsqu'elle sentira le chaos la talonner, l'autorité ourdira les plus viles intrigues pour préserver un semblant d'ordre... Mais un ordre sans justice, sans amour et sans liberté, ce qui ne pourra ralentir longtemps la descente de leur monde aux enfers ».

 

signature david juin 2010

Par k.bd - Communauté : Les lectures de Florinette
Ecrire un commentaire - Voir les 28 commentaires
Jeudi 30 septembre 2010 4 30 /09 /Sep /2010 12:49

septembre les rois

 

Présentation du thème par le rédacteur mensuel :

 

« Du moment que ça porte une couronne, héroïc Fantasy, fantastique ou humour, tout est bon »

 

(Yaneck)

 

Les titres envisagés pour construire le thème :

 

Les 7 Vies de l'Epervier (Patrick Cothias & André Juillard), série en 7 tomes publiés entre 1983 et 1991, Glénat

L'ancien temps (Joann Sfar), 2009, Gallimard

L'Assassin Royal (Jean-Charles Gaudin & Laurent Sieurac), série en cours débutée en 2008, Soleil

Château l'attente (Linda Medley), série débutée en 2007 / Ça et Là, tome 2 publié en 2011 / Delcourt

L'Epée d'Ardennois (Etienne Willem), série débutée en 2010, Paquet

Fables (Bill Willingham & Mark Buckingham & Collectif), série débutée en 2004, Semic

Garulfo (Alain Ayroles & Bruno Maïorana), série en 6 tomes publiés entre 1995 et 2002, Delcourt

Kaamelott (Alexandre Astier & Steven Dupré), série en cours débutée en 2006, Casterman

Nausicaä (Hayao Miyazaki), série en 7 tomes publiés entre 2000 et 2002, Glénat

La Nef des Fous (Turf), série en 7 tomes publiés entre 1993 et 2009, Delcourt

Le Petit Prince (Joann Sfar), 2008, Gallimard

Princesse Saphir (Osamu Tezuka), série en 3 tomes publiés en 2005, Soleil

Le Roi Cassé (Nicolas Dumontheuil), 2005, Casterman

La Reine Margot (Olivier Cadix & François Ghesens & Juliette Derenne), série en cours débutée en 2006, tome 1 chez Théloma, tomes 2 et suivants chez Chapeau bas

La Rose de Versailles (Riyoko Ikeda), série en cours débutée en 2002, Kana

La Rose écarlate (Patricia Lyfoung), série en cours débutée en 2005, Delcourt

Servitude (Fabrice David & Eric Bourgier), série en cours débutée en 2006, Soleil

Tsuru princesse des mers (Hideki Mori), série en 3 tomes publiés en 2004 et 2005, Delcourt

Une aventure rocambolesque d'Attila le hun (Manu Larcenet & Daniel Casanave), 2006, Dargaud

 

presentation avatars janvier 2012

Par k.bd - Publié dans : Themes - Communauté : autour de la BD
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 26 septembre 2010 7 26 /09 /Sep /2010 08:00

entete theme épée

 

Garen est un jeune garçon qui passe une enfance insouciante dans un paisible village du royaume de Bohan. De temps en temps il va apprendre à se battre dans une clairière avec le chevalier d'Ardenois, ancien héros retiré, son idole. Mais bientôt, le village est pillé, brûlé et le chevalier d'Ardenois est tué. Pour Garen, il s'agit désormais d'empêcher le noir seigneur Nuhy, défait 20 ans plus tôt, de réapparaître. Pour cela, il doit prévenir le roi et se joindre aux anciens compagnons d'Ardenois.

L'épée d'Ardenois est une BD qui s'adresse a priori à un jeune public. Pourtant les adultes y trouveront aussi bien leur compte, notamment en raison du rappel à Robin de Bois, mais également par son efficacité.

L'auteur, Etienne Wilhem, n'en est certes pas à sa première bande dessinée. Nous le retrouvons déjà sur les séries Le cercueil des souvenirs et Vieille bruyère et bas de soie, que nous ne connaissions pas mais sur lesquels son trait avait déjà été remarqué pour sa ressemblance avec les dessins animés de Walt Disney. Son parcours de storyboarder dans l'animation n'est sans doute pas innocent.

Nous avons tous été séduits par le dessin qui n'est pas sans rappeler le Robin des Bois de Walt Disney. Ses lignes claires, ses couleurs, et surtout, ses personnages anthropomorphiques définissent aisément les caractères des uns et des autres et fluidifient la lecture, tout en faisant résonner en nous une certaine nostalgie. Le Prince Richard et Frère Tuck ressurgissent au fil des pages, faisant ainsi appel à des références enfantines évidentes.

Le scénario en lui même est simple et contient tous les éléments classiques et indispensables pour mener une aventure initiatique. Il allie fraicheur et humour avec finesse sur une série prévue courte (4 tomes annoncés sur la couverture). Il nous promène simplement au fil des pages et on s'y laisse entrainer avec plaisir.

Zorg, Lunch et moi sommes tous unanimes sur le ressenti de cette BD, séduits par les mêmes qualités. Zorg a été comblé par cette lecture qu'il juge sans risque, y compris pour les plus réticents.

 

signature badelel juin 2010

Par k.bd - Communauté : Les lectures de Florinette
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 08:00

  entete theme nef

 

Eaux-folles, année 627. Le règne du Roi Clément XVII d'Oxfols arrive à un tournant. Des choses étranges se passent en tous les points du royaume. Des conspirateurs se préparent en secret à renverser le bon roi aimé de tous, mais pas d'eux. Le Grand coordinateur tâche de s'attirer les bonnes grâces du souverain, afin d'obtenir la main de sa fille. Qui elle attend impatiemment le retour du Fou du Roi, qu'elle aime éperdument.
Et pendant ce temps, Baltimore et son sergent enquêtent sur un étrange trafic de coloquintes géantes. Que vont-ils découvrir derrière tout cela ?

Originalité, folie, tels sont les qualificatifs qui reviennent le plus souvent dans nos chroniques de cet album, qui porte fort bien son nom.
Un univers barré, bigarré, dans lequel les histoires, les personnages, et même les décors sont à scruter avec attention pour en percevoir les finesses derrière les rebonds saugrenus. Turf est un auteur complet, un auteur sans doute quelque peu débridé sur cet album, qui maîtrise à la fois les circonvolutions de son histoire et de son dessin. Plusieurs d'entre nous mettent d'ailleurs en avant la qualité graphique de cet album. Que ce soit par la richesse des détails ou par celle des techniques utilisées, Turf est reconnu comme un dessinateur de grande qualité.
Seulement, cette joyeuse pagaille laisse encore un peu de... prudence, chez certain d'entre nous. David, par exemple, aurait aimé que l'auteur prenne le temps d'aménager des pauses, dans la folie qu'il présente, afin de prendre le temps de respirer. Lunch, lui, a encore une certaine retenue, qu'il ne demande qu'à voir tomber grâce à la suite de la série. Car l'humour présent dans cet album, au delà de certaines réticences, nous a tous conquis.
Dans l'ensemble, je le redis, nous sommes très largement convaincus pour mettre en avant la belle qualité de cet album, assez symbolique de ce que Delcourt a pu vouloir proposer en matière de Fantasy, symbole d'une certaine époque éditoriale.

Cette série est considérée par les bdphiles comme un classique du genre, désormais, mais vous, avez-vous été conquis par la folie furieuse et drôle des aventures du Roi Clément, de Baltimore et du Sergent ? Ou bien êtes-vous resté en retrait, gêné par la profusion de délires personnels de l'auteur ?


Mo' et Zorg sont motivés pour lire le reste de la série.
Vicklay la considère comme "immanquable".
Badelel, est convaincue par l'aspect "loufoque" de la série.
Champi apprécie la complexité de l'intrigue et du travail graphique.
Yaneck est surpris et charmé, mais attend vraiment de lire la suite.
David reconnaît ses qualités mais trouve tout de même qu'elle a bien vieillit.
Lunch est encore un peu frileux, mais veut bien se laisser convaincre par le tome 2.

 

signature yaneck juin 2010

Par k.bd - Communauté : Les lectures de Florinette
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Présentation

  • : Le blog de k.bd
  • Le blog de k.bd
  • : BD mangas comics bilal BD
  • : Le but de K.BD est de proposer quelque chose qui ne se fait pas ou peu : des chroniques à plusieurs mains. Cela vous permettra d'avoir un avis complet sur un album, voire une série, et de disposer d'un avis assez réaliste de l'accueil (des accueils) qui peut être réservé à une BD.
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Carte de visite

Si vous souhaitez nous contacter :

k.bd@hotmail.fr

 

Pour suivre notre actualité :

Netvibes

 

Profil Babelio :

Mon profil sur Babelio.com

On aime

Catégories

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Partager

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés