A nous deux Paris ! (Nishi)

Publié le par k.bd

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JP Nishi, ou Taku Nishimura de son vrai nom (mais sans doute beaucoup moins exotique au Pays du Soleil Levant), nous présente ici le témoignage de son tout-premier séjour à Paris en 2005. Fraîchement débarqué, fan de BD franco-belge et les yeux remplis de cette image d'un Paris romantique qu'ont tous les Japonais, JP Nishi attaque l'Everest par la face nord en passant plusieurs mois sur les lieux dès sa première visite.
Désillusion ? Que nenni : il entreprend de décrypter ces curieuses habitudes françaises à l'attention de ses compères nippons. Tout y passe : les ballets de l'Opéra Garnier, la tradition des bisous, la sauce soja sucrée, l'appart' au 6° sans ascenseur, le play-boy italien, les nippophiles... Champi a été particulièrement marqué par les rencontres. La moulinette de Nishi est cinglante et si vous faites preuve d'un tant soit peu d'auto-dérision, vous en rirez !

Les plus insignifiantes de nos habitudes sont mises en exergue à travers le prisme du regard nippon et prennent soudain une toute autre dimension pleine de sarcasmes. Les scènes sont cocasses et les travers français (et japonais aussi cela dit) sont minutieusement tournés en ridicule. « Un concentré de petits moments de bonheur » d'après les mots de David Fournol, car malgré l'écart entre l'image qu'on se fait de Paris et la réalité, JP Nishi reste enthousiaste du début à la fin.

Pour autant, tous les ingrédients classiques du manga sont là : « un style rapide, dépouillé et efficace » (Champi), « un dessin simple et expressif » (Lunch), et pour autant un soin est tout particulièrement apporté au décor « impressionnant par son sens du détail » (ma pomme). Au final, si tout le monde est plutôt enjoué par cette lecture, je suis précisément déçue par ce trait caricatural où le narrateur est selon moi, franchement laid. Champi souligne toutefois la qualité du travail éditorial de Picquier.

Champi : « Les têtes de chapitres, sans doute réalisées au pinceau, montrent une réelle virtuosité de la part du dessinateur, une élégance que l'on pourrait presque qualifier de franco-belge (sans aucun chauvinisme, bien sûr !) »
Lunch : « Un recueil où les préjugés s'affrontent et se démontent, bien rigolo mais pas forcément essentiel. »
David Fournol : « Un bel inventaire à la Prévert. »
Moi-même : « [Cette lecture] perd beaucoup en qualité, et c'est bien dommage »

 

 

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Publié dans Synthèses

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