Aspic, tome 1

Publié le par k.bd

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Kathy Wuthering, naine médium prisée par la haute bourgeoisie parisienne disparaît lors d'une soirée en tête à tête avec le fantôme de Nostradamus. Enfin... "disparait"... pas tout à fait : il reste ses deux globes oculaires. La police "conventionnelle" sèche, et l'inspecteur Nimber se voit contraint de demander l'aide d'Auguste Dupin, enquêteur phénoménologue. De son côté, la jeune stagiaire intrépide de Dupin, Flora Vernet, se plonge dans une enquête d'apparence bien plus aisée. Il s'agit de retrouver la montre que son lubrique client s'est fait dérober lors d'une agression. Mais les apparences sont parfois trompeuses...

Auguste Dupin... tiens donc... Voilà qui n'est pas sans rappeler le héros d'Edgar A. Poe ! Ce n'est sans doute pas un hasard, alors, si l'on retrouve cette référence dans une bande dessinée policière ? Un polar certes assez particulier, puisqu'il mêle intimement enquête et fantastique dans le Paris du XIX° siècle, ce qui ne détone guère des habitudes de l'auteur anglais, finalement. Un récit qui, en tous cas, peut s'enorgueillir de rassembler quelques qualités.

Nous avons apprécié l'intelligence des effets narratifs, des rebondissements et de l'agencement des indices. Le déroulement est classique mais efficace. Nous avons souri aux traits d'humour et d'ironie, suffisants pour détendre l'atmosphère, mais mesurés et sans lourdeur. Nous nous sommes attachés aux personnages que nous avons jugés cartoonesques et expressifs. L'idée d'un travail sur diptyque (potentiellement une série de diptyques à l'image de W.E.S.T ou d'Okko) garantit un rythme soutenu et sans lenteurs pour la suite.
Un mot sur le scénariste tout de même, qui, depuis 2006, a déjà donné naissance à 9 séries et/ou one-shots. Thierry Gloris est un auteur prolixe donc, auquel on doit notamment Le Codex Angélique, Saint-Germain ou encore Malgré nous.

Mais ce qui enflamme les foules, c'est le dessin : vivant, fluide et expressif. Le talent de Jacques Lamontagne au dessin s'était déjà révélé avec Les Druides (il a également scénarisé Yuna). Ce n'est donc pas tout à fait une surprise de constater le soin particulier apporté aux décors. Les perspectives justes et détaillées rendent aux rues de Paris toute leur authenticité. La cerise sur le gâteau : les couleurs, à la fois vives et naturelles, qui donnent à l'ensemble beaucoup de profondeur.

Plus surprenant : découvrir cet album chez Quadrants. La ligne éditoriale d'Aspic s'accorde plus facilement avec les parutions habituelles de Soleil où il aurait trouvé sans doute sa place parmi les meilleures BD de l'éditeur

Lunch et David sont sortis enchantés de cette lecture, Yvan et Zorg ont été séduits. Je reste quant à moi plus mesurée, déçue par le choix de l'éditeur.

 

signature badelel nov 2010

Publié dans Synthèses

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