Bride stories (Mori)

Publié le par k.bd

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Ce mois-ci, un titre a fait débat parmi la sélection. Pourtant, au premier regard, il ne semble pas vraiment disposé à faire polémique. Aujourd'hui, nous allons parler de Bride Stories...

Kaoru Mori est une mangaka qui s'est faite connaitre en France avec Emma, l'histoire romantique d'une gouvernante en pleine Angleterre Victorienne. Déjà, les critiques avaient salué son scénario doux et touchant, mais surtout son superbe dessin, très riche en détails.

Mais c'est avec Bride Stories qu'elle s'est réellement faite un nom dans l'hexagone, notamment en remportant le prix inter-générations lors du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême en 2012.

Après le Londres du XIXème, l'auteure nous emmène avec elle à la découverte d'un autre sujet qui la passionne : les us et coutumes des peuples d'Asie Centrale.
L'histoire débute avec Amir, jeune femme de vingt ans qui épouse Karluk, un garçon de douze ans, signant ainsi une alliance entre leur deux clans. D'une famille à l'autre, les mœurs et les traditions diffèrent énormément, et c'est une toute nouvelle vie qui commence pour Amir. C'est donc en même temps qu'elle que nous allons découvrir ce qui fait le quotidien du clan, de la cuisine à la broderie, en passant par la chasse et, bien sûr, les liens familiaux au sein de la petite tribu.

Très vite, Smith, un explorateur anglais, fait son apparition, et c'est avec lui que nous allons partir sur la Route de la Soie, à la rencontre de différents peuples, différents destins de femmes issues d'un passé pas si lointain.

On pourrait avoir tendance à classer ce titre parmi les shôjo. On y retrouve en effet de nombreux éléments propres aux « mangas pour adolescentes » : histoire centrée sur les relations entre les personnages, axée sur les sentiments amoureux. Si le trait très détaillé de Kaoru Mori est assez éloigné de ce dont on a l'habitude dans les shôjo (qui privilégient en général des graphismes assez aérés), on y retrouve la prédominance de très grands yeux, supposés mieux véhiculer les émotions. Mais, si ce titre s'adresse surtout à un lectorat de jeunes femmes, il est pré-publié dans le magazine Fellows! au Japon, ce qui le place parmi les seinen. Que cette classification un peu atypique ne vous rebute pas, Bride Stories a su parler à un bien plus large public, surprenant souvent agréablement les réfractaires au shôjo.

Alors, qu'est ce qui, dans cette histoire, a amené l'équipe à se déchirer (j'ai une légère tendance à l’exagération) ? Et bien c'est tout simple, il y a ceux qui ont beaucoup aimé, et ceux qui n'ont pas accroché du tout...

Il y a d'abord l'histoire qui est "vraiment intéressante" (Badelel), "passionnante" (Zaelle), "impeccable" (Choco). Lunch a trouvé la lecture "fluide et agréable". Mais si pour Choco elle est "construite sans urgence", Champi, lui, ne peut s'empêcher de trouver tout ça très "lent" et pointe "les faiblesses d'écriture".

Choco note les "vastes recherches documentaires" qui nous permettent de "découvrir (...) une culture méconnue". Pour Zaelle "L’auteure n’a aucunement la prétention de jouer les historiennes, et imagine simplement ce que pouvait être la vie de ces femmes et de leur entourage."

Champi trouve que "le scénario fait la part belle à certains clichés" et Lunch avoue que le titre a un "côté « trop parfait »" et qu'il n'a "pas trouvé les protagonistes particulièrement attachants". Mais Choco et Zaelle, qui craignaient un peu le côté malsain de la relation entre l'héroïne de 20 ans et son époux de 12 ans, saluent la manière dont Kaoru Mori a su "évoquer leur amour avec finesse et tout en douceur" (Choco), "aborder leur relation avec beaucoup de pudeur et de simplicité" (Zaelle).

Badelel regrette que l'auteure se soit laissée "influencer par la culture japonaise". Elle explique "C'est du moins ce que j'y trouve moi lorsqu'on voit ce jeune couple dont le mariage a été arrangé (comme tous les mariages ici) s'aimer à ce point en si peu de temps. Le mariage arrangé est une pratique extrêmement courante au Japon, et l'imagerie populaire aime à en faire des couples bien plus stables, voire plus heureux que ceux issus de mariages d'amour. La facilité avec laquelle Amir (20 ans) s'attache à son mari Karluk (12 ans) sans l'avoir connu avant leurs noces participe largement à la trop grande innocence de cette série."

Le dessin de la mangaka est, lui, presque unanimement salué. Champi lui reproche d'être "d'un classicisme irréprochable", mais pour Badelel "c'est une claque". Lunch ajoute que "c'est beau, fin, détaillé... un véritable régal pour les yeux !". Zaelle le trouve "superbe" et Choco "très travaillé et très précis".
Choco toujours nous dit que "l'auteur fait preuve d'une grande qualité graphique. Son dessin est d'une minutie incroyable et dénote d'une réelle analyse des costumes, des intérieurs, des paysages. Tout est extrêmement détaillé et d'une grande richesse de motifs à l'image de l'artisanat de ces peuples asiatiques".

Badelel "aime cette vaste galerie de personnages qui visitent tour à tour chaque aspect des traditions sédentaires ou nomades et nous entrainent dans les paysages arides de l'Asie Centrale".

Vous l'aurez compris, Bride Stories divise et s'il existe un risque que vous vous ennuyez en le lisant, vous pourriez bien être charmés. Les chroniques des membres de k.bd se sont concentrées sur le premier tome, mais l'histoire part ensuite à la découverte d'autres clans, d'autres étapes de la Route de la Soie, et réserve encore bien des découvertes au lecteur.

 

 

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Publié dans Synthèses

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