Cercle Vicieux (Lécroart)

Publié le par k.bd

entete cercle   

La semaine dernière, Champi expliquait les fondements de l’OuBaPo, notre fil rouge pour le thème du mois de juin. Ainsi, vous avez pu lire qu’ « une contrainte préalable à tout acte créatif ne peut que permettre de faire naître des œuvres inattendues et donc géniales ». Je modérerais un peu sur le « géniales » et opterais plutôt pour un « surprenantes » ! Histoire de goûts ! Mais revenons-en aux faits ! Pour présenter l’OuBaPo, nos éminents spécialistes dans l’équipe ont pensé à Cercle Vicieux. Etrange objet que voilà, surprenant par sa taille chétive (petit format), son poids plume (trente pages… pas bien lourd) et ses signes de reconnaissance aux traits disgracieux. S’il fallait le comparer à un homme, je ferais volontiers le parallèle avec Sim : une tronche légèrement de travers, un physique peu racoleur mais qui dispose d’un capital sympathie certain.

L’exercice collectif de La Maison close laisse donc la place à un ouvrage tout aussi caustique et déjanté : Cercle Vicieux. L’idée de départ est présentée sur le site de l’auteur, Etienne Lécroart. Elle annonce la difficulté de l’exercice : « Premier livre de bande dessinée parfaitement palindromique. Les trois protagonistes de cette histoire tentent de mettre en marche une machine à remonter le temps, mais la machine ne fonctionne pas et rien ne se reproduit comme avant. Quoique si, après tout, puisque c'est un palindrome... ». Palindrome ! Le mot est jeté. Le travail d’écriture est donc complètement vicieux puisque Lécroart s’est assuré que l’on puisse lire son histoire dans le sens de lecture habituel et/ou qu'on puisse aussi la lire en commençant par la fin. Un exercice plus clairement expliqué ainsi : la première case est aussi la dernière, la deuxième l'avant-dernière, la troisième l'antépénultième…

Le résultat est convaincant, verbeux mais drolatique. En 2000, il a assez logiquement rejoint la collection Mimolette de L’Association. Le scénario a pourtant ses faiblesses. Il souffre de quelques longueurs et d’éléments redondants mais on a du mal à lui en tenir rigueur, à l’exemple du bégaiement d’un personnage : certains « écarts » de langages sont prévisibles mais la présence du tic verbal offre un « plus » à l’ensemble. Le rythme narratif est saccadé sur la première partie, assez fluide sur la seconde. On se pique au jeu, embarqué par la spirale du temps. Pour épicer le tout, Champi suggère de chercher quels ont pu être les tâtonnements de l’auteur pour parvenir à ce parfait palindrome.
Au niveau graphique, la grossièreté physique des trois personnages complète le tableau décrit dans le scénario. Illustrant les nombreuses « manies » verbales de ses acteurs, Etienne Lécroart renforce le côté burlesque et inventif de l’album.

Il peut être difficile pour certains de se procurer cet album, ce qui explique que seuls deux lecteurs se soient investis sur cette lecture : Mo'om et Champipmahc. Ce dernier pense que cet album est une bonne porte d’entrée pour découvrir l’OuBaPo. Une synthèse peu tranchée, les deux lecteurs ont apprécié.

 

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Publié dans Synthèses

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Mo' 14/06/2011 21:40


Par curiosité, j'aurais aimé savoir combien de temps il lui a fallut pour écrire cet album ainsi que le nombre de combinaisons qu'il a du essayer ! ^^


Joelle 14/06/2011 09:57


On se demande si l'auteur n'est pas ressorti de l'exercice avec une migraine carabinée ! mdr !!!