Garulfo, premier cycle

Publié le par k.bd

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Il était une fois dans le royaume de Brandelune, au bord d’une mare, une grenouille prénommée Garulfo. Cette grenouille, qui était un mâle - car les grenouilles ne sont pas les femelles de crapauds - rêvait d’une improbable destinée… Garulfo voulait devenir un homme ! Sa condition de grenouille ne lui offrant que désillusions successives, c’est donc armé de ses seuls verbe et courage qu’il part à la conquête de son humanité… Son destin est en marche lorsqu’il est capturé par un sbire de « Madame la fée… »…

S’inscrivant dans les codes des contes et de la fantasy féérique, partant d’une morale simpliste (la nature face à l’humanité), le premier cycle de Garulfo est constitué des deux premiers volumes d’une série qui en compte six. Ce livre premier est un récit délirant, une farce s’amusant avec nos souvenirs d’enfance pour mieux faire rebondir l’histoire dans d’improbables retournements et quiproquos. Le moteur principal du récit est ce décalage permanent entre réalité et conte de fée, entre dialogues où tournures de vieux français et argot s’affrontent, entre la naïveté du héros et sa situation. Tout est ainsi prétexte au burlesque surtout lorsque les grandes figures du genre apparaissent (le chevalier, la princesse, le roi, les fées…). Alain Ayroles prend un plaisir certain dans cette forme de dérision. Pour sa part, Paul voit même en Garulfo une sorte de Candide moderne sans la portée philosophique mais avec cette part d’humanisme.

Le dessin de Bruno Maïorana s’accorde parfaitement avec le récit d’Alain Ayroles. Au style dynamique mais simple, abusant des détails sympathiques, jouant sur les attitudes et les visages des personnages, il reste d’une très grande qualité tout au long des deux premiers albums. 15 ans après sa parution, il n’apparaît pas démodé pour Badelel. Quant à Yaneck, il admire la belle union artistique entre les deux auteurs.

Bref, vous l’aurez compris, rarement une série n’aura autant fait l’unanimité au sein de l’équipe. Si Zorg trouve la fin de ce cycle un peu facile et préfère le dessin de Maïorana sur la série D, il appelle à poursuivre l’aventure dans le second livre. Paul souligne la justesse et la cohérence de l’ensemble, Yaneck aime le côté hilarant de certains personnages et apprécie la capacité de renouvellement d’Alain Ayroles, Lunch y voit un chef d’œuvre comique et Badelel un classique de la BD. Mo’ aime le « vent nouveau » apporté au genre et Champi retombe en enfance. Quant à moi, j’attache une tendresse particulière à cette histoire. Bref, nous sommes tous conquis !

Nous appelons tous les lecteurs de Garulfo à lire également l’autre grand classique d’Alain Ayroles : le fameux De Capes et de crocs (également dans la Collection Terres de Légendes chez Delcourt).

 

signature david juin 2010

Publié dans Synthèses

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