L'attentat (Dauvillier & Chapron)

Publié le par k.bd

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♦ D'après le best-seller de Yasmina Khadra ♦

L'attentat, Loïc Dauvillier & Glen Chapron


David F. : « Loïc Dauvilier et Glen Chapron ont fait un très beau travail d’adaptation, très réussi. »
Mo' : « Superbe. Un album de qualité dont je vous recommande chaudement la lecture. »
Oliv' : « Les illustrations sont aussi juste que les paroles, c'est franc, direct et vif. Difficile d'en rajouter, je suis touché ! »
Livr0ns-n0us : « Vous auriez tort de vous priver de cette lecture sensible qui souligne le poids des préjugés et la difficulté de s’extraire d’un combat qui dure depuis si longtemps. »

2009. Sur les conseils de son éditeur, Loïc Dauvillier se plonge dans la lecture de L'attentat de Yasmina Khadra. Vendu a plus de 600000 exemplaires, traduit dans une vingtaine de pays, ce petit récit connaît un succès immédiat à sa sortie, en 2005, et est couronné par une foule de prix prestigieux (parmi lesquels le prix des libraires et le prix Tropiques). Depuis, l'ouvrage a été adapté au cinéma par Zied Douéri (et fortement primé à nouveau) ainsi qu'au théâtre en Italie, en Algérie, au Rwanda ou encore en République Démocratique du Congo. C'est dire la force de cette histoire qui met en scène Amine Jaafari, chirurgien reconnu et respecté à Tel Aviv où il vit avec son épouse, Sihem. Palestinien naturalisé Israélien, rien ne semble devoir entacher sa carrière et son bonheur.

Mais une journée comme les autres, alors qu'il est à son travail, une explosion secoue la ville. Très vite, le mot est sur toutes les lèvres : attentat-suicide. L'hôpital fait alors face à un flot ininterrompu de blessés jusque tard dans la nuit. Épuisé, Amine quitte son service au petit matin afin de prendre quelques heures de repos. Il est brusquement réveillé par le coup de téléphone d'un ami qui lui demande de revenir sur le champ, sans plus de précisions. Hébété, Amine retourne à l'hôpital où il est accueilli par la police israélienne qui lui demande d'identifier un corps... celui de sa femme, Sihem, qu'il croyait en voyage dans sa famille. Mais son univers s'effondre définitivement lorsque les autorités lui annoncent que sa femme est la kamikaze.

L'attentat est le récit de la lente et inexorable descente aux enfers d'un homme. Déni, colère et surtout incompréhension jalonnent le chemin d'Amine jusqu'à la vérité. Si pour moi cet album « n'éclaire pas forcément sur les racines de la dissension entre Israël et Palestine, [il] souligne admirablement la tristesse – et l’absurdité - du conflit ». « N’y aura-t-il donc jamais d’alternative ? Aucune solution pacifique qui soit viable ? » se demande Mo'. « Le mérite du récit est de susciter plus de questions que d'apporter des réponses », affirme Oliv', qui a apprécié la profondeur de cet album qui nous a tous hanté longtemps une fois refermé. Une fois n'est pas coutume, Mo' s'est immédiatement lancée dans la lecture du roman, qu'elle a trouvé encore plus percutant : « s’il est bien une chose qui ne m’avait pas autant interpellée dans la BD, c’est la vertigineuse descente aux enfers que fait cet homme », précise-t-elle.

« Tout Juif de Palestine est un peu arabe et aucun Arabe d'Israël ne peut prétendre ne pas être un peu juif. »

Chez K.BD, nous sommes tous tombés d'accord sur la qualité de cette adaptation qui réussit à « traduire la complexité du contexte politique, social et religieux du conflit israélo-palestinien », selon David F., tout en « évitant l'écueil des jugements de valeur » comme le souligne Oliv'. La narration est claire, fluide, portée par un dessin qui s'attache avant tout à immerger le lecteur dans le quotidien des habitants. Graphiquement, L'attentat suscite assez peu d'analyse de la part des membres de l'équipe si ce n'est de la part de David F. qui relève le travail admirable de Glen Chapron, notamment sur les ambiances parfaitement retranscrites grâce au soin apporté à l'architecture et aux couleurs.

Vous l'aurez compris, c'est un hourra unanime pour cette adaptation fidèle et très réussie qui marque les esprits grâce à un « scénario [qui] prend aux tripes » et à des « propos [qui] interpellent et percutent », conclut Mo', qui recommande même de lire l’adaptation de Loïc Dauvillier et Glen Chapron avant de lire l’œuvre originelle car cela permet de « [s'] aventurer en terrain connu tout en découvrant presque totalement le récit ». À lire de toute urgence.

« Je ne comprendrai jamais pourquoi les survivants d'un drame se sentent obligés de faire croire qu'ils sont plus à plaindre que ceux qui y ont laissé leur peau. »

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Publié dans Synthèses

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