La Ballade de la mer salée

Publié le par k.bd

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Cette semaine et pour notre premier article de l’année 2011, ce ne sera pas un article sur une nouveauté ou sur un album qu’un des membres de ce blog nous aurait sorti de derrière les fagots. Non aujourd’hui K.BD s’attaque à du lourd, un monument du 9ème Art, Corto Maltèse et Hugo Pratt, deux personnages indissociables qui auront marqué et marquent encore les esprits.

La ballade de la mer salée est une aventure qui aura bientôt 50 ans. Un demi siècle durant lequel des générations entières de lecteurs ont voyagé en suivant les aventures d’un gentilhomme de fortune.

Cap au large…

 

"Je suis l'océan Pacifique et je suis le plus grand. On m'appelle ainsi depuis très longtemps, mais ce n'est pas vrai que je suis toujours pacifique. Je me fâche parfois, et alors je donne une raclée à tous et à tout."

 

1913, le capitaine Raspoutine et son équipage viennent d’essuyer une terrible tempête. Alors qu’ils font route vers Kaiserine afin d’y rencontrer un certain Von Speeke, leur catamaran Fidjien  croise une embarcation de fortune à la dérive.

A bord, deux personnages, Caïn et Pandora Groovesnore sont épuisés et proche d’une mort qui leur tend les bras. L’opportuniste Raspoutine décide alors de les recueillir et de les amener sur l’Escondida, une île qui n’apparaît sur aucune carte marine, mais célèbre pour abriter une bande de pirates dirigée par « le moine », personnage énigmatique activement recherché par l’amirauté Britannique et dont Raspoutine est l’un des hommes de main.

L’organisation, que ce fameux moine commande, ravitaille en charbon les navires de la marine Allemande qui croisent dans le Pacifique. Ces ravitaillements représentent un avantage considérable que la marine Anglaise ne peut plus accepter. 

L’Escondida n’est plus qu’à quelques milles, c’est alors que l’équipage du catamaran aperçoit au loin un homme entravé sur un radeau. Raspoutine reconnaît immédiatement son vieil ami, Corto Maltèse.

La passion laissant place à la raison, il choisit de le sortir de là…

 

"- Eh ! là  Corto...comment ça va ? Tu prends un bain de soleil ?

 - Maudit bouffon, il fallait que je tombe justement sur toi."

 

La ballade de la mer salée est chronologiquement le deuxième album de la série après « La jeunesse de Corto » (qui paraîtra bien plus tard), et pourtant c’est bien ici que Corto apparaît pour la première fois, en 1967 (une prépublication dans le journal sgt Kirk).

La petite histoire raconte qu'Hugo Pratt n’avait pas destiné Corto Maltèse à devenir le héros qu’il est aujourd’hui, il n’était à l’origine qu’un second rôle. Pour l’auteur Italien, le personnage principal de La ballade de la mer salée était Pandora. Finalement, après le succès de cette ballade, la direction de Pif lui demandera de créer une série d’aventures et il choisira Corto pour l’étendue des possibilités que celui-ci offre. 

L’ensemble des blogueurs ayant participé à cet article est unanime, Corto incarne l’image de l’aventurier charismatique, intelligent, charmeur avec ce côté sarcastique qui est un petit plus indéniable. Ce trait de caractère lui donne parfois cet air effronté qui agace la plupart des protagonistes et particulièrement Raspoutine dont la susceptibilité est légendaire.

Tous deux entretiennent une amitié assez particulière. Ils se disputent souvent, et même s’ils se menacent de mort régulièrement, leurs différents se finissent toujours bien.

 

" - Hé, Corto, mais où étais-tu passé ? Maudit bâtard !
- Ah ! Parce que toi, ton père tu l'as peut-être connu ? ... J'ai été me promener ! "
 

  

Raspoutine et Corto sont les personnages auxquels l’on s’intéresse le plus souvent. Toutefois une galerie de personnages (Slütter, Cranio, Tarao, le moine, etc…), tous plus truculents les uns que les autres gravitent autour de nos deux amis. Cette abondance associée à un scénario complexe mêlant la grande et la petite H/histoire est certainement la raison du succès de cet album et de la série plus généralement. 

Graphiquement le trait à l’encre de Chine d’Hugo Pratt met tous les lecteurs d’accord. Certains vantent la minutie avec laquelle Pratt dessine en mettant l’accent sur le talent du maestro pour saisir l’essentiel d’un visage, d’un bateau, d’un décor et de réussir à le transposer si simplement sur une feuille de papier. Un style totalement dépourvu de gris laissant place à une opposition entre noir et blanc. Un jeu d’ombres et de lumières qui ne perd jamais le lecteur, tout est identifiable au premier regard. Une technique largement inspirée par le dessin de Milton Caniff  (Terry et les pirates) qu’ Hugo Pratt à su faire évoluer au fil du temps jusqu’à obtenir un dessin de plus en plus épuré (voir l’album ). 

Bref, vous l’aurez compris, cet album a conquis les chroniqueurs de K.BD. Néanmoins il n'y a que Badelel et moi  pour ne trouver aucun défaut à cette ballade de la mer salée. En effet Lunch, Yvan et Champi, nos camarades de jeu sur cet article, ont décelé ça et là quelques longueurs dans la trame scénaristique. Pour moi le nombre de pages se justifie par le nombre de personnages, et les 170 pages permettent à Hugo Pratt de véritablement s’intéresser un minimum à chacun d’eux, tout en installant le décorum de son intrigue. 

Mais mettons de côté ce petit bémol, car tous nous reconnaissons que La ballade de la mer salée réalisée par Monsieur Pratt reste une référence sur laquelle vous ne devez faire l’impasse.

 

Précipitez-vous sur les aventures du gentilhomme de fortune, des îles de l’océan Pacifique, en passant par les confins de la Sibérie (Corto en Sibérie), des mystères de la sérénissime (Fable de Venise), jusqu’à l’énigme des statues de l’île de pâque (), votre voyage sera inoubliable.

 

Voilà ! Notre première étape du mois de janvier, dont le thème est  "voyage, voyage...", se termine. Si vous désirez continuer cette virée avec nous, rendez-vous chaque semaine pour une nouvelle lecture. En attendant et si le thème vous séduit, je vous invite à découvrir d'autres séries sur nos blogs comme Long John Silver de Lauffray et Dorison, L'île au poulailler de Mattuissi, Ida de Cruchaudet ou encore Black Crow de Delitte.

Bonne lecture !

 

 

 

signature zorg nov 2010

Publié dans Synthèses

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