Légendes des contrées oubliées

Publié le par k.bd

entete contrées 

Aux confins du web dans la blogosphère où règnent les trolls et leurs commentaires acerbes, un petit groupe de chroniqueurs se lance dans une quête d’où seuls les plus courageux – ou les plus fous c’est selon – reviendront. Les héros de K.BD ont un mois pour rédiger les synthèses des plus grands faits d’armes de l’histoire de la bande dessinée. Préparez-vous pour l’aventure, les larmes, affutez vos épées et roulez vos parchemins, ajustez vos strings en peau de léopard et votre casque à cornes de vaches helvétiques : voici le mois Heroic Fantasy ! Ô toi, poète du phylactère ne passe pas ton chemin aux seuls sons de ces mots ignominieux ! Apprête-toi et rejoins-nous pour découvrir l’Epopée qui deviendra peut-être Légende !

Chapitre 1 : Où il est question de comprendre le but de la quête...

Bon… comment enchainez là-dessus ? Me voilà bien ! Je me tape un délire et maintenant je dois faire une introduction sérieuse pour le thème du mois. Bon, alors pourquoi l’heroic fantasy sur K.BD ? J’aurais bien envie de vous répondre : « et pourquoi pas ? » mais je sens que vos susceptibilités d’amateurs de romans graphiques pourraient vous inciter à changer de page… Alors précisons !
C’est vrai, depuis plusieurs années, malgré des ventes records, ce genre ne bénéficie pas vraiment d’une bonne presse chez les critiques BD. A juste titre ? Un peu. Depuis les années 90 et la vague ensoleillée qui déferla sur le monde libre de la franco-belgie, il est un peu la victime des plans marketing et de la conquête du marché. Beaucoup de formatages tant sur le plan graphique (sa belle couleur informatique et ses filles aux gros… dragons sur la couverture) que sur la narration bien souvent paresseuse et répétitive. Les séries de grandes qualités ont été noyées dans des productions beaucoup moins ambitieuses.

Loin de nous l’idée d’être des héros et de rétablir une vérité que nous ne possédons pas. Mais tout de même, si nous avons décidé d’aborder ce thème c’est aussi pour le défendre. Car il fallait bien se résigner à vous avouer un jour la vérité : la plupart d’entre nous sommes des amateurs du genre. Certains même n’hésitent pas à se réunir en petit groupe pour faire du jeu de rôle ! Oh ! D’autres sont même venus (voire revenus) à la BD par cet intermédiaire. Aujourd’hui, nous sortons sans honte de notre cabane au fond des bois, l’épée à deux mains au côté et une pile de bons albums sous le bras pour vous parler des œuvres qui nous ont rappelés pourquoi nous étions des soldats-moines fanatiques de niveau 17… euh pardon… des amateurs de cette littérature.

Chapitre 2 : Où le chroniqueur tente de définir ce qui est…


L’heroic fantasy est né au début du 20e siècle sous la plume d’Edgar Rice Burroughs (le papa de Tarzan) mais c’est surtout Robert E. Howard qui définit l’archétype du héros de fantasy dans les années 30 avec Conan le Barbare. Bien évidemment, Tolkien marquera à jamais l’histoire du genre avec son œuvre monumentale. L’heroic fantasy, c’est l’histoire d’un héros solitaire ou d’un petit groupe évoluant dans un univers hostile bien souvent médiéval fantastique. A l’image d’un arbre généalogique d’une famille de gobelins, de nombreuses branches sont issues de ce tronc commun. On parle par exemple de Fantasy féérique, de Dark Fantasy, de High Fantasy… Bref, nous vous laissons chercher sur wikipedia les infimes différences… Bon courage !

Avant tout genre littéraire, les oeuvres d'heroic fantasy ont fait l’objet de nombreuses adaptations plus ou moins réussies au cinéma ou à la télévision. En bande dessinée, les années 70 sont marquées par l’incontournable comic book Les Chroniques de Conan. N’oublions pas non plus le très fameux barbare Den de Richard Corben et ses aventures d’érotico fantasy.
Mais c’est en Europe et dans la décennie suivante que la bande dessinée produit les œuvres majeures du genre. Un retour aux sources de l’inspiration pour l’heroic-fantasy. Et c’est bien entendu par l’un de ces séries « cultes » que nous commencerons dès aujourd’hui notre aventure…

 

Chapitre 3 : Premiers pas dans l'aventure...

De la ville de Gaedor à la Gorge des vents brûlants, du pays des Songes au Pic de la mer, cinq voyageurs,en quête d'un nouveau roi, s'avancent en terres inconnues et réveillent à leur passage les haines ancestrales des anciennes puissances. Leur odyssée est devenue une légende. (synopsis éditeur)

Voici une histoire assez classique : trois nains en quête de leur roi, un elfe chapardeur (un lin pour être précis mais c’est la même chose) et un gros barbare sans cervelle à usage uniquement belliqueux, tout ce petit monde à la merci d’un univers où la nature même présente des dangers mortels. Rien de bien inquiétant pour des héros de fantasy… Oui mais… Les divinités se mêlent à l’affaire et envoient sur la route de ces braves leurs sbires surpuissants. Et voici nos personnages au milieu de règlements de comptes qui les dépasse…

Légendes des Contrées Oubliées, c’est un univers graphique dépaysant et surprenant à chaque planches. Le monde créé par Thierry Ségur fourmille de mille détails et déborde d’animation. Paru en 1987, le premier album est graphiquement très éloigné des critères que la production éditoriale nous a imposés depuis le début des années 1990. Critères devenus presque une norme : à savoir cette couleur informatisée sur des tons marrons ainsi qu’un trait simplifié et finalement plutôt réaliste. Au contraire, dans Légendes des Contrées Oubliées le terme d’illustration prend tout son sens. La faune, la flore, les personnages, l’atmosphère, tout est atypique, unique. D’où des réactions très différentes. Certains trouvent les personnages plutôt laids (avec de drôles de têtes) d’autres au contraire s’extasient devant l’originalité. Mais c’est surtout la couleur qui a apporté le plus de débats. Charme désuet ou fadeur ? Fort heureusement, certaines planches mettent tout le monde d’accord. Celle de l’orage déclenché par le passage du chevalier tempête par exemple.

Mais si Légendes des Contrées Oubliées est entrée au panthéon de la BD, c’est surtout par son scénario. A l’image de la Quête de l’Oiseau du temps dont le premier album est paru 4 ans plus tôt ou du Grand Pouvoir du Chninkel qui paraîtra 1 an plus tard, ces trois albums constituant LES références absolues de cette période, le scénario s’appuie sur les grandes règles du genre pour mieux les détourner. Là encore, nous sommes un peu partagés. Lunch et Badelel trouvent certains aspects compliqués de l’histoire éludés un peu facilement et surtout s'agacent de cette manie de prédestination des races propre à la fantasy. Mo’, Yvan et moi sommes beaucoup plus enthousiastes face à l’évolution du récit. Bruno Chevalier joue avec ses personnages, brouille sans cesse les pistes et démonte l’habituel manichéisme du genre. A l’image des deux autres séries importantes de ces années, il ose briser les règles d’un domaine trop souvent coincés dans ses règles.

Bref, cette œuvre « culte » ne fait pas l’unanimité dans la glorieuse équipée. Les années passent même sur les chefs d’œuvre et il faut reconnaître la grande influence de la production éditoriale récente sur nos goûts esthétiques. Si Lunch et Badelel sont plus dubitatifs, Mo’ a beaucoup apprécié cette relecture, Yvan même s’il déplore un manque d’humour le range parmi les albums de référence du genre. Quant à moi, je suis de loin le plus enthousiaste, un album qui me rappelle pourquoi j’ai aimé l’heroic fantasy.

Voici donc la première étape de notre voyage terminé. Malgré le temps froid, nous avons bien marché dans la forêt, nous sommes entrés dans ce lieu étrange que l’on nomme « Le temple aux commentaires ». Abandonné depuis longtemps, cet abri de fortune n’attend plus que le son de nos voix pour revivre…
Tout à coup, Lunch brise le silence : « et vous, quels sont les albums qui vous ont marqué dans ce genre ? »

 

 

signature david nov 2010

Publié dans Synthèses

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David 14/02/2011 13:48


Oui alors là... D'accord... Si tu veux, je me trompe sans aucun doute car j'avoue m'être un peu perdu dans les dédales labyrinthiques de mon esprit torturé par la bière naine rousse (la bière pas
la naine !).
Oui, le médiéval fantastique est certainement une branche de l'arbre fantasy et non pas le tronc...
Que mes descendants aient des mycoses aux pieds sur 39 générations pour cette erreur (bien fait pour eux) !


Mr Pyros 13/02/2011 20:41


Euh, j'étais à la taverne du Nain Malicieux à jouer aux Runes des Bois Rouges avec Elfric en devisant sur les Arcanes de K.bd quand soudain... je relevais, à mon corps défendant, une imprécision
relevant pratiquement de l'erreur de novice niveau: "c'est important "charisme" sur la fiche perso dans ton jeu de drôle?"
En effet, Maître David, il me semble que "médiéval fantastique" est un genre à part qui se différencie de l'H-F (et des nombreuses branches que tu évoques, et dont je serais bien en peine
d'expliquer les subtiles différences) par l'absence de magie, de représentants du Petit Peuple, Dragons, etc... (par exemple le très mauvais "sang royal" ou le que je n'ai pas lu "Banni").


Mr Pyros 13/02/2011 17:51


Uriner sur le cadavre encore fumant c'est un minimum dans certains cas...

Le supplice du pal c'est toujours sympa, surtout avec un pieu à échardes...

Un bon vieux spasme de furie avec boyaux arrachés et enroulés autour du cou et testicules plantés sur les cornes du casque pour la décoration me semble toutefois un brin plus d'à propos dans cette
situation... mais bon on va pas chipoter...


David 13/02/2011 01:26


Y'en a bien un qui a essayé de parler d'Arl... d'Ar... Ah désolé je n'y arrive pas...
Bref, ce fou dangereux a été empalé sur un vieux bout du bois à la frontière du royaume... Nous n'avons pas oublié de pissé sur son cadavre (et ouais même les filles !) histoire d'avertir les
imbéciles heureux qu'ici on ne rigole pas, non mais !

Décidément, je deviens fou quand je parle de fantasy.


Lunch 12/02/2011 10:50


Vous verrez, vous verrez...
Mais très sincèrement, on a rapidement écarté les BD d'Arleston du lot (ce qui est légèrement évoqué dans la présentation de David d'ailleurs).