Live War Heroes (David & Bourgier)

Publié le par k.bd

entete live war heroes

 

Voici venue l'heure de la cinquième et dernière chronique consacrée à notre thématique d'avril sur la guerre en BD. Nous avons varié au mieux les approches au cours de ce mois et nous allons terminer le thème avec un conflit totalement fictif.

Live War Heroes est un one shot de Fabrice David et Eric Bourgier, qui nous présente la guerre sous un jour plutôt novateur, puisqu'elle est vue au travers d'une émission de TV-réalité. Le 17 septembre 2021 à Los Angeles débute Live War Heroes, une émission de téléréalité qui propose à un américain lambda de prendre part à une mission militaire humanitaire. C'est Peter Suttgrave, un jeune patriote, qui a été choisi pour partir au Concaragua aux côtés de mercenaires surentraînés et suréquipés. Bien évidemment, le patriotisme de Peter sera grassement récompensé par la très jolie somme d'un million de dollars, mais sachant que le conflit armé sera bien réel, aura-t-il le loisir d'en profiter ?

Lorsque nous avions établi les titres pour le thème de la guerre en BD, il y a quelques mois de ça, Live War Heroes avait alléché quatre d'entre nous. Le concept de la guerre traité sous forme de TV réalité était en effet très intéressant et nous permettait de varier le genre. Mais autant le dire de suite, nous n'avons pas été totalement emballés par cet album. L'idée de l'émission guerrière était plutôt bien trouvée, mais n'est au final pas l'élément principal du récit. Le scénario reste donc plutôt classique lorsqu'on a l'habitude de ce genre d'intrigue militaire et politique, laquelle n'est pas sans rappeler certains conflits menés de nos jours par les États-Unis...

Au cours de l'histoire, de nombreux flashbacks viennent émailler le récit afin de nous faire prendre conscience de tous les tenants et aboutissants de la mission au Concaragua. Le problème c'est qu'il y en a beaucoup et qu'ils ne sont pas toujours forcément bien amenés. Pour Badelel les allées et venues temporelles sont mal gérées et on passe son temps à fouiller dans les pages précédentes pour s'y retrouver. Pour Yvan, le lecteur met un peu de temps à trouver le fil rouge de ce récit construit autour de nombreux flashbacks.

Il faut tout de même savoir que Live War Heroes est le premier travail en commun du duo David/Bourgier à qui l'on doit Servitude. Le dessin est plutôt réaliste et colle bien à ce récit d'anticipation, comme je ne connaissais pas du tout ce dessinateur auparavant, j'ai beaucoup apprécié son travail. Pour Yvan, Eric Bourgier démontre déjà ici tout son talent et allie lisibilité, précision et une mise en couleurs assez caractéristique dont il raffole depuis sa lecture de Servitude. Aux yeux de Badelel, le dessin n'est pas moche, mais en revanche loin d'avoir atteint sa maturité. Question dessin pour Lunch, il a retrouvé les traits qui lui ont fait adorer Servitude. Pas pour toutes les scènes, mais sur quelques pages qui se passent en mission à l'étranger, sur ce fond sépia vraiment réussi.

Nous n’avons pas eu le même ressenti au sujet de l’album, mais nous ressortons tous avec une pointe de déception par rapport à l'ensemble. L’histoire et les personnages auraient gagné à être travaillés plus en profondeur. Le concept d’émission de guerre aurait pu être mis plus en avant… Malgré nos reproches, tout n’est pas à jeter non plus dans cet album, il pourra même probablement plaire à certains d’entre vous. Pour Yvan, malgré une certaine prévisibilité des événements et un récit qui est un peu à l’étroit au sein de ce format one-shot, l’histoire est agréable à suivre, même si la fin l’a laissé un peu dubitatif. Selon Lunch, Live War Heroes est certainement une bonne BD pour ceux qui aiment les histoires militaires et les amateurs de one-shots qui ne s'égarent pas dans des séries à rallonge. Pour ma part j’en retiens quelques bonnes idées et une critique intéressante de notre société et de ses dérives, mais le tout aurait gagné à être traité plus en profondeur. Badelel est nettement moins tendre que nous puisqu’elle a trouvé les protagonistes niais et les ficelles machiavéliques convenues, mais elle a avoué que sa déception était surtout due au fait qu’elle trouve la série Servitude (des mêmes auteurs) bien meilleure.

Je ne suis pas sur que notre billet vous aura donné envie d’acquérir cet album, néanmoins si vous avez l’occasion de le feuilleter ou de l’emprunter à quelqu’un, ça reste un moment de lecture sympathique. C’est également le premier travail en commun du duo David et Bourgier et il est plutôt prometteur. D’ailleurs Badelel, Yvan et Lunch sont formels et unanimes, il faut absolument lire leur série Servitude (moi en tous cas ils m’ont convaincu et dès que j’en aurai l’occasion je la lirai ^^).

Ainsi s’achève notre thématique consacrée à la guerre en BD, on espère vous avoir fait découvrir de jolis albums au cours de ce mois d’avril riche en dimanches. En mai, c’est David qui vous escortera dans la jungle de l’urbanité, j’espère donc qu’aucun d’entre vous n’est allergique au béton puisque les villes seront à l’honneur sur KBD.

Au nom de toute l‘équipe, je vous souhaite un bon dimanche plein de lectures sympas et je vous dis à la semaine prochaine !!

 

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Publié dans Synthèses

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