Lucille (Debeurme)

Publié le par k.bd

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Ce mois de septembre se termine sur cette publication. Extra-ordinaire, c'est le mot pour qualifier ce neuvième mois de l'année 2012 sur k.bd. A l'image du thème et des dimanches précédents, aujourd'hui, nous allons suivre une héroïne coutumière aux nombreuses questions sur la vraie vie. Lucille est cette personne. Et c'est le titre de cet album par Ludovic Debeurme chez Futuropolis.

Lucille est une adolescente de seize ans qui vit seule avec sa mère. Elle tiens un journal intime où elle s'explique sur ses difficultés avec les garçons. Elle complexe fortement sur son physique montrant ainsi un manque de confiance en soi. Mais le mal est plus profond, Lucille est anorexique et au bord d'une dépression.
Dans ce récit, Lucille n'est pas la seule personne à souffrir. Il y a Arthur, lui aussi est un adolescent difficile. Mais c'est sans doute en lien avec son père alcoolique et une enfance peu réjouissante. Son refuge à Arthur, c'est de se diriger vers le satanisme, c'est dire le mal être qui le ronge.
Et là, c'est le drame. Que dis-je, l'apothéose ! Dans un art subtil du scénario, Ludovic Debeurme va réunir nos deux jeunes ados en mal d'amour. Je vais utiliser une phrase dans la fiche du blog de l'éditeur Futuropolis : « Quand Ludovic rencontre Lucille et Arthur. ». A laquelle j'ajoute la citation de Champi : « Cela donne deux écorchés que la vie va réunir pour le meilleur et le reste. »

Ludovic Debeurme est fils d'un artiste-peintre et un touche à tout dans les différents médiums de l'art contemporain (multimédia, vidéo, peinture, guitariste, illustrateur pour la presse et l'édition jeunesse). En 2002, il publie son premier ouvrage de bande dessinée, Céfalus, aux Éditions Cornélius, suivi de Ludologie, toujours chez Cornélius. Avec Lucille, datant de 2006, il propose un premier volet de plus de 500 pages ayant reçus plusieurs récompenses dont le prix René Goscinny. Le second volume, beaucoup plus récent puisque le dépôt légal est en janvier 2011, porte le titre de Rénée.

Mais revenons à Lucille et Arthur. J'ai parlé un peu plus haut de la subtilité du scénario par l'auteur. David évoque ce satané talent chez Debeurme et se demande si l'auteur a lancé un sort à son histoire pour qu'elle ne lâche plus son lecteur. La question est justifiée car à la lecture vous serez absorbés. Une des réponses apportée par Mo' est de soulever que l'album nous plonge en apnée dans le quotidien morose de deux adolescents malmenés par la vie. Et elle ajoute un peu plus loin dans sa chronique que Debeurme nous laisse seul face à Lucille et Arthur. Il va de soit de confirmer que cette rencontre est passionnante. J'ai moi même ressenti et écrit que la rencontre de Lucille et Arthur est un vrai coup de foudre.

Debeurme aborde avec une facilité déconcertante bien que compulsive des sujets comme l'anorexie, les rapports fille-mère, fils-père, l'alcoolisme et milieu social défavorisé. Bien sûr il ne prends pas de position, ne cède sur aucun pathos et donc nous laisse dans l'observation. En somme, c'est très fin et ce n'est pas pour nous déplaire.
Une remarque s'est soulevée quasiment par l'ensemble des lecteurs de l'équipe k.bd afin de signaler le nombre de pages de cet album. Ceci me laisse à penser qu'aborder un dit pavé peut freiner. Mais ici, cette quantité est un atout pour nous lecteur et donc pour l'auteur et son histoire. Yvan développe comme suit : En s'autorisant plus de 500 pages, Ludovic Debeurme se donne la place et le temps nécessaire pour poser ses personnages et leur histoire en douceur.

L'univers de Debeurme se distingue donc dans son écriture, sa mise en place de ses personnages mais aussi, si ce n'est plus, dans son dessin, son trait expressif et atypique. En l'absence de découpage par cases, l'impression est renforcée pour insister sans lourdeur sur les fardeaux des personnages. Le blanc des planches frappe au regard offrant ainsi une meilleure lisibilité, voir une certaine rapidité. Mitchul parle de trait qui ne s'embarrasse pas de fioritures, à l'image de cette mise en page épurée, qui ne contient aucun cadre, aucune structure, comme pour ne pas perturber l’œil du lecteur et ainsi l'amener à l'essentiel.

Le point principal n'est pas encore apporté, il vous faudra lire la suite dans Renée. En attendant, nous avons tous dressé un accueil franc et favorable à Lucille de Ludovic Debeurme. Une lecture bien plus qu'ordinaire, tout simplement remarquable voir indispensable. Je passe le relais avec plaisir pour une construction d'un nouveau mois à thème, Dieu seul sait vers quoi... Rendez-vous dimanche prochain !

 

 

avatar Oliv couleur

Publié dans Synthèses

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