Pour Sanpeï (Kouno)

Publié le par k.bd

  entete sanpei

 

Aujourd'hui prend fin notre thématique "Tu seras un homme mon fils" consacrée à la filiation. Sujet que nous avons abordé sous différents angles et supports : les souvenirs d'enfance et l'autobiographie avec Le fils de son père d'Olivier Mariotti et Chaque chose de Julien Neel. L'héritage et le poids de la figure paternelle avec Wanted le Comics politiquement incorrect de Mark Millar. Avec le manga Pour Sanpei de Fumiyo Kouno nous allons nous intéresser à une nouvelle facette de la filiation : celle de l'intergénérationnel et de la transmission du savoir.

En effet, le personnage principal de ce diptyque est plutôt singulier puisqu'il s'agit de Sanpei : un sexagénaire fraîchement retraité, râleur et renfermé. Après la mort de sa femme Tsuruko, ce dernier part habiter dans la famille de son fils Shirô, c'est le début d'une nouvelle vie pour Sanpei qui va devoir trouver sa place au sein de ce foyer.

S'étant toujours reposé sur sa femme, Sanpei va vite s'apercevoir qu'il ne connaît presque pas la famille de son fils. Par chance, il va tomber sur le journal que Tsuruko avait tenu de son vivant et dans lequel elle avait consigné mille et une choses du quotidien (recettes de cuisine, cours de couture, indication sur les membres de la famille...etc.) pour lui faciliter la vie. Dès lors, Sanpei va tout faire pour essayer de rattraper le temps perdu avec son fils Shirô et s'intégrer dans leur foyer, en aidant sa belle-fille Reika à tenir la maison et en s'occupant de sa petite-fille Nona (passionnée par les insectes).

Entre son personnage principal atypique, le savant mélange entre chronique de vie et les conseils ménagers, ces éléments concourent à faire de Pour Sanpei un manga à part. Le personnage de Sanpei va évoluer tout au long des 34 chapitres qui composent ce diptyque et qui sont autant d'instantanés de la vie du retraité et de sa famille. Au travers de cette histoire, nous pouvons voir la différence de mentalité à l'égard de nos aïeuls, entre notre société occidentale et la société japonaise. En effet, il n'est pas rare de voir de nombreuses générations cohabiter au sein du même foyer au Japon, tandis que chez nous, nos retraités vivent souvent seuls ou sont placés en maison de retraite.

Ce n'est d'ailleurs pas forcément évident pour les retraités tels que Sanpei de trouver leur place au sein de la société et du foyer de leurs enfants. A 60 ans, il est encore en forme et c'est dur de ne plus être considéré comme une personne active. Raison pour laquelle il va essayer de se rendre utile en aidant sa belle-fille à tenir la maison, afin de ne pas être seulement un poids pour elle. Ayant été peu présent dans la vie de son fils Shiro, il va se rattraper avec sa petite-fille en lui apprenant certaines choses de la vie. Une fois encore, on s'aperçoit que même peu présent ou peu attentionné, un père marque toujours la vie de ses enfants, qui à leur tour reproduiront ou non la même éducation avec les leurs.

Fumiyo Kouno est une mangaka pleine de talent qui arrive à retranscrire avec beaucoup de justesse et d'émotions les états d'âme de notre retraité et de sa nouvelle famille. Avec son trait très doux et élégant, elle nous a permis à tous de rentrer de plein pied dans cette belle histoire qui nous montre que la vie ne s'arrête pas avec la retraite, et que même après soixante ans, on peut toujours apprendre des choses.

Bien que peu nombreux au sein de l'équipe KBD à avoir participé à cette lecture, nous en ressortons tous avec des impressions très positives. Selon David, Pour Sanpei n'a pas la prétention de porter un regard large sur "les vieux" mais brosse un portrait tout en nuance et en sensibilité d'un personnage complexe, emprunté parfois et en proie au doute : un être humain.

Pour Mo' il s'agit d'un récit touchant qui ne se contente pas d’aborder la quotidienneté d’une famille japonaise mais également la question de la vieillesse et de la sénilité, mais le recours à l’humour permet d’éviter les lourdeurs de ce sujet avec finesse.

J'ai pour ma part apprécié d'apprendre des choses sur les coutumes japonaises et le rapport qu'ils ont avec leurs aînés qui est diamétralement opposé au nôtre.

A l'aide de ce diptyque plein d'émotions et très touchant nous pouvons refermer tout en douceur notre mois de novembre consacré à la filiation. Comme toujours, nous avons essayé de vous offrir un panorama et des supports variés et nous espérons que vous avez fait de belles découvertes en notre compagnie.

Toute l'équipe de KBD se joint à moi pour vous souhaiter un bon dimanche ainsi qu'une bonne semaine. Rendez-vous le 4 décembre pour découvrir notre nouvelle thématique, consacrée à la musique en BD !!

Autant dire qu'en décembre ça va swinguer sur KBD, on a prévu de quoi vous filer la pêche pour affronter le froid mordant et les fêtes de fin d'année !!

 

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Publié dans Synthèses

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faelys 01/12/2011 18:50

j'avais bcp aimé ce manga, et en plus je sais coudre correctement un bouton grâce à lui... je le prête régulièrement à des amis, il est parfait pour faire découvrir le manga à des adultes.

Joelle 28/11/2011 11:32

Ça confirme que j'ai bien fait de noter ce diptyque ! Et tu as été brillant avec cette synthèse ... félicitations :)

Mr. Zombi 28/11/2011 08:17

C'est vrai que ce serait difficile de mieux lancer le mois musical qu'avec les Canneberges (très bien trouvé d'ailleurs ^^)

Lunch 27/11/2011 14:37

Bravo Mister ! La première synthèse d'une longue série sur k.bd !
Je n'ai qu'un mot à dire : Canneberges !

« What's in your head, in your head
Zombie, zombie, zombie ? »

Si on lance pas le mois musical avec ça, comment le pourrait-on ?