Silence

Publié le par k.bd

entete silence

 

Imaginez que vous soyez muet, que vous n’avez plus de famille, que vous n’avez jamais reçu d’éducation, que vous êtes sous la coupe d’un exploitant agricole abject qui vous exploite, vous insulte en permanence, loue vos services à d’autres agriculteurs tout aussi fourbes. Pour ne rien arranger, vous habitez Beausonge, un coin perdu des Ardennes où superstitions, sorcellerie et vengeance font bon ménage.

Vous êtes naïf, des sentiments comme la colère ou la vengeance vous sont complètement inconnus et finalement, c’est ce qui vous permet d’accepter ce quotidien loin d’être rose.  Mais vous avez votre monde, un monde dans lequel vous ressentez une forme d’empathie pour ce qui n’est pas humain, une sorte de don qui vous permet de communiquer avec la nature.

 

Cependant vous allez découvrir votre passé en visitant la grange interdite et en rencontrant la sorcière… et les terribles secrets de ce petit village vont subitement ressurgir…

  Vous êtes Silence !  

Ça y est vous êtes entré dans le récit ? Et bien cela à été le cas aussi pour la majorité d’entre nous. Pour beaucoup Silence est une critique du genre humain avec son flot d’insanités, de dérives et de perversité. Cette description des travers de l’homme, principalement de l’intolérance dont celui-ci peut faire preuve vis-à-vis de ses congénères, c’est la force du récit de Didier Comés.  Une analyse qu’il effectue au travers de personnages bien développés sans tomber dans la caricature et qui évoluent dans un décorum campagnard où rites païens, croisent religion et obscurantisme. Tout cela agit comme une chape sur le récit, c'est ce culte du secret, de la non-divulgation, qui rend l'ambiance parfois malsaine.  

Les émotions s’enchaînent valsant de l’empathie que suscite Silence, à la colère, le dégoût envers Abel Mauvy (son maître), en passant par la pitié et un sentiment d’injustice permanent.

 

Graphiquement, le trait de Didier Comés est un mélange entre Hugo Pratt, José Munoz ou encore Christophe  Chabouté. Son utilisation du noir et blanc est saluée par la majeure partie des lecteurs de K.BD.  Seul Yaneck se positionne à l’encontre de ce point de vue, en exprimant une sorte de gêne à la vision du dessin. Quelques petites choses comme les cases qui lui semblent trop réduites et surchargées ou encore les textes peu lisibles à son goût. Yaneck a passé un excellent moment même s’il n’achètera pas l’album.

Pour Vicklay, la lecture de cet album ne représente pas l'un de ses meilleurs moments de lecture. Il se plaint d’un récit fade, qui ne surprend pas (plus ?) le lecteur de 2010, que les personnages frôlent le ridicule par leur caricature et que certaines scènes n'arrangent rien.

Quant à Mo’, Paul, David et votre serviteur (Zorg ^^), cette œuvre qui fête ses 30 ans, est un incontournable de la bande dessinée.  

  signature zorg avril 2010

Publié dans Synthèses

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