The Walking Dead (Kirkman & Moore)

Publié le par k.bd

entete walking dead

 

Dans le cadre sa thématique sur la fin du monde, KBD et son équipe vous proposent de revenir aujourd’hui sur la série phénomène Walking Dead.
Car bien avant d’être une série TV, un roman, ou même un jeu de plateau, Walking Dead est tout d’abord un comics, publié depuis 2005 aux USA, comptant déjà 16 tomes traduits en français, et s’inscrivant complétement dans notre thématique apocalyptique.

En effet, si notre planète n’a pas explosée ni n’a été ravagée par les eaux ou le feu, dans cette série, le monde tel que nous le connaissons est pourtant bel et bien révolu.

A la suite d’une longue période de coma, Rick, un policier blessé par balle, se réveille dans un hôpital complètement désert, vide de tout patient et personnel. Après une rapide exploration des lieux, il ne tardera pas à découvrir que les seuls êtres encore en mouvement dans cet hôpital ne devraient plus l’être : touchés par un étrange virus, les morts reviennent à la vie, affamés de chair fraiche, et les survivants, eux, ont eu vite fait de prendre leurs jambes à leur cou !

Abasourdi, Rick erre dans les rues de sa ville constatant que cette étrange maladie a fait des ravages bien plus grands qu’il ne le craignait, touchant la totalité de la population et transformant notre monde en un véritable enfer.

Pourtant, ne pouvant se restreindre à accepter la mort de sa femme et de son fils, Rick partira à leur recherche, commençant un long périple vers Atlanta (la grande ville la plus proche), et croisera sur sa route d’autres personnes épargnées par ce drame, tentant de survivre tant bien que mal dans cet environnement hostile et dangereux.

Comme le souligne Yvan, vu la vague de productions zombiesques déferlant actuellement, on pourrait reprocher à Robert Kirkman (également scénariste de Invincible) de ne pas vraiment faire dans l’originalité en choisissant un tel postulat de base. D’autant que ses références aux classiques du genre sont aussi évidentes qu’inévitables. Heureusement, comme le précise Champi, le scénariste connait suffisamment lesdits classiques pour s’en éloigner autant qu’il s’y réfère. Ainsi, s’il ne lésinera pas sur les coups de hache, les tirs de fusil à pompe en pleine tête, ou maitrisera à merveille les oppressantes errances dans les couloirs vides et rues désertées, il saura également mettre l’accent sur la personnalité extrêmement bien travaillée de ses personnages.

D’ailleurs, si Mo’ déplore que l’on n’apprenne jamais ce qu’est la réelle cause de cette zombification des humains, Yvan, lui, appuie sur le fait que ce retour des morts-vivants n’est qu’une excuse afin de développer les relations humaines, se concentrer sur les dialogues efficaces et le développement psychologique des protagonistes.

A ce sujet, Mitchul explique clairement le fait que même chez Romero, maître du genre, les zombis ne sont qu’une métaphore d’une nouvelle évolution où l’homme ne serait plus en haut de la chaine alimentaire, et ses films, une parabole sur la bestialité de l’humanité, mettant en exergue les comportements les plus primaires.

Bon, après, on ne va pas minauder non plus, on parle quand même de zombis, et comme le dit David : si Walking Dead est un récit sur le principe de survie et que les incontournables ne prennent pas trois-quarts du bouquin, ils sont tout de même là et sont remarquablement bien amenés par le climat de menace perpétuelle qui s’installe au long des pages.

Et pour gérer au mieux ces alternances de calme et de tempête, tous les membres de KBD s’accordent à dire que le choix graphique est parfait. Nico et OliV’ apprécient le noir et blanc fortement expressif dressé par les dessinateurs Tony Moore et Charlie Adlard (idéal pour imager les scènes choc et radicales de ce comics), la réalisation criante de vérités des zombis, le soin des décors, et ces nuances de gris qui ajoutent une petite touche d’angoisse non négligeable…
…et la sensibilité féminine de notre chère Mo’ est épargnée de ces teintes rougeâtres qui auraient pu découler d’une surabondance d’hémoglobine !
Champi note également l’importance de ces nombreux gros plans sur les visages, qui appuient les dialogues et surjouent la tension, tout à fait dans le ton de la narration.

Au final, même si cette lecture n’embarque pas totalement toute notre petite clique – Mo’ percevant cette série comme une lecture agréable mais sans plus à la fin du premier tome, Mitchul reprochant le côté parfois trop figé ou pas assez incarné des perso’, ou Champi se sentant parfois lassé par l’aspect trop conventionnel de certaines situations – tous s’accordent à dire que Walking Dead reste une œuvre majeure de la BD de zombis, un incontournable capable de convaincre des gens comme David pourtant peu amateurs du genre, ou carrément de rendre fous de joie les adeptes que nous sommes, Nico, Yvan, OliV’, moi-même… et les millions de fans de plus en plus nombreux à se laisser contaminer par ce terrible virus !

 

avatar Paka

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