V pour Vendetta

Publié le par k.bd

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1997, la troisième guerre mondiale a eu lieu, des continents ont disparu. Au Royaume-Uni, c’est Le Destin, un gouvernement totalitariste qui fait régner la terreur. Au milieu de cette société sans espoir, Evey est obligé de se prostituer pour survivre. Mais, alors qu’elle est prise au piège par la brigade de mœurs, un étrange personnage au masque de théâtre fait son apparition. Dans le sillage de cet être masqué répondant au nom énigmatique de V, la jeune femme va faire le douloureux apprentissage de la liberté... et de la vengeance.

Le comics des années 80 est marqué par l’avènement d’un type un peu étrange au pays des super-héros. Cet hirsute, sujet de la reine Elizabeth (d’Angleterre), aux tatouages aussi impressionnants que ses multiples bagues aux doigts révolutionne la BD américaine grand public en lui prouvant qu’elle peut dépasser les super-héros et autres joyeusetés en costume. Si le graphic novel était définitivement né avec Will Eisner, si la BD underground avait son pape avec Robert Crumb, c’est bien avec Alan Moore que la BD américaine allait passer à autre chose.

En 1982, Alan Moore et David Lloyd signent les premières planches de V pour Vendetta dans les magazines Doctor Who Weekly et Warrior. Il faudra attendre 1989 pour connaître la conclusion de cette histoire. Entre temps, nous aurons eu Watchmen. Une autre œuvre majeure, première BD à recevoir le prix Hugo (le Pulitzer de la SF…).

Pour ne rien vous cacher, il est très difficile de faire une synthèse de toutes nos chroniques à propos de cet album. Enfin… je pourrais simplifier le tout en disant : « A l’exception de Zorg, un tout petit plus dubitatif que le reste de l’équipe, nous sommes tous d’accord pour placer V Pour Vendetta au panthéon des scénarii BD. Nous sommes en revanche plus partagés sur le dessin. Champi ne voit pas comment on aurait pu imaginer un graphisme différent, Badelel admire l’utilisation de l’ombre et du noir… ».

Mais voilà, la simplification avec V pour Vendetta, ça donne le film du même nom. Ça dénature. Car ce qui frappe dans ce récit c’est sa profondeur, sa richesse et tous les questionnements qu’il nous apporte sur notre société mais aussi sur nous-même. Comme le dit si bien Mo’, « V Pour Vendetta est tout bonnement diabolique ». Récit d’apprentissage par l’histoire d’Evey, récit de vengeance par le passé de V, récit d’anticipation par le contexte, brûlot politique à l’égard de la société anglaise des années Thatcher, pièce de théâtre en 3 actes, opéra dramatique, réflexions sur les thèmes de la liberté, de l’anarchie, de la politique, de l’éthique, du souvenir, de la peur, de la transmission d’un idéal… V pour Vendetta c’est toutes ces formes, tous ces thèmes. Et c’est seulement en tentant de faire une synthèse de nos chroniques que j’ai pu m’en apercevoir. De la vision de Paul, en passant par celle de Mo', Lunch, Badelel, Zorg, Champi et la mienne, on constate que V pour Vendetta résonne différemment en fonction des lecteurs et je dirais même des lectures.

Que dire de plus sinon vous invitez à découvrir nos chroniques, toutes différentes, toutes uniques.

Et pour conclure : une citation. Chacun y prendra ce qu'il souhaitera :
« Lorsqu'elle sentira le chaos la talonner, l'autorité ourdira les plus viles intrigues pour préserver un semblant d'ordre... Mais un ordre sans justice, sans amour et sans liberté, ce qui ne pourra ralentir longtemps la descente de leur monde aux enfers ».

 

signature david juin 2010

Publié dans Synthèses

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Lunch 03/12/2010 12:18


J'ai dit que ma théorie comportait probablement des incohérences.
Enfin c'est ce qu'il m'avait semblé à la lecture, lorsque je me suis posé la question.
Il faudrait que je me repose devant l'album moi aussi pour approfondir ^^


Mr Pyros 03/12/2010 12:02


bon ta théorie cloche dès le premier tome.

Si pour la scène de la rencontre, ça pourrait coller, car Evey n'est pas mentionnée par les différents services qui enquêtent, comment expliquer la scène avec l'évêque?


Mr Pyros 03/12/2010 08:50


Oups! je me suis laissé avoir par l'habitus bleu/garçon, rose,rouge/fille. Autant pour moi.

V et Evey, la même personne? Un peu comme dans Fight Club? Mouais, ça serait dommage, non? C'est plus original d'avoir deux personnes qui forment un personnage, plutôt que le trip psycho
schizophrène déjà vu.

Après, on peut se demander si V est tombé par hasard sur Evey ou pas. Et là, bonjour la migraine!

Si c'est du hasard, il est méchamment balèze le hasard! Le 5 novembre, et pas un autre jour, au bon endroit et au bon moment, V rencontre Evey, qui sera la bonne personne pour le plan prévu de
longue date par V. A ce stade, difficile de ne pas voir une intervention divine, ou du prédéterminisme. Et là on s'oppose à la vision anarco de Moore.

Bon alors c'est pas un hasard. Mais comment alors V pousse Evey au tapin, ce soir précis. (pour le lieu, il semble qu'il s'agisse d'un coin à prostitution, V ayant accès au Destin, il aurait pu
faire en sorte qu'Evey soit logée dans le coin...).

Mouais! Peut-être que ta théorie répond à certaines questions, en fait...

Je me relis V sous cet angle, et on en reparle, mais j'y crois pas trop non plus...


Lunch 03/12/2010 00:11


Oui, très intéressant le personnage de Rose et son "basculement".

Par contre, les "incohérences", je pense que c'est Badelel qui a utilisé ce terme sur BenDis (je suis en rouge, elle est en bleu sur notre site). Je les ai pas vraiment cherchées pour ma part, je
me suis laissé guidé.

Le parallèle avec la rose est intéressant là aussi. On peut en faire des parallèles d'ailleurs, et c'est plutôt révélateur de la fine complexité du scénario des auteurs : brillant et pas donné à
tout le monde.

Ma conclusion à moi était de me demander si V et Evey n'étaient pas qu'une seule et même personne, on a parfois cette impression en lisant la BD, lorsqu'ils se préparent au début, devant leur glace
par exemple. Ils sont toujours seuls, ils vivent les mêmes peurs, V refait vivre son passé à Evey... on ne voit jamais son vrai visage. Il disparait à la fin pour mieux faire renaître son
idéologie.
Bon, cela soulignerait probablement quelques incohérences, mais l'idée me plaît assez (et elle se tient parfois).


Mr Pyros 01/12/2010 09:00


Je suis d'accord avec toi.
Je trouve que Rose, notamment, est un de ces personnages clés. Son passage du statut de femme au foyer, écrasée par un mari violent, pervers, qui suite, à sa mort se retrouve confrontée à la
réalité de l'extérieur. Elle qui est une des premières à faire la douloureuse expérience de la liberté, qui en deviendra "La rose" spéciale que V cultive pour le commandeur.( Au fait, une des
"incohérences" que tu recherchais:a part tuer Derek, qu'a fait V? Comment la cultive t-il? Moore avait-il prévu de plus rattacher V au KKK?).
Des questions qui n'apportent que des spéculations, à moins de rencontrer Moore. Moore si tu es là je voudrais aussi savoir pourquoi Vincent, le garde de la porte de la Norwest House, semble
complice, ou tout du moins bienveillant, avec V, et qu'on a pas plus d'infos? V est-il si seul qu'on pourrait le croire? Devait-il s'appuyer, ou construire un réseau? C'est bête, mais ça me prend
la tête à chaque lecture...